Interview de Mickaël Lemaire

 

  •    Interview de Mickaël Lemaire  (retranscription écrite)

     

    Bonjour Mickaël, peux-tu te présenter ?

    Bonjour, je m’appelle Mickaël Lemaire, j’ai 40 ans. Je travaille à l’Arsenal de Brest, j’achète des pièces détachées pour la Marine Nationale. Je suis marié, j’ai 3 enfants de 8 ans, 5 ans et 7 mois. Il y a donc du boulot à la maison…

    J’habite à Lambézellec, proche de Gouesnou.


    Ce n’est pas très loin, c’est un point positif ?


    C’est un point positif, effectivement, ça peut rentrer dans une réflexion.


    Je suis sur Brest depuis 2002, je suis arrivé ici suite à un concours pour rentrer sous l’état. Avant je travaillais dans le privé.


    Quel est ton parcours de footballeur ?


    J’ai commencé le foot à l’âge de 6 ans, j’ai fais 2 ans dans un petit Club de quartier qui s'appelait l’U.S. Frébault Merville à Lorient, à l’issu de cela, j’ai été “repéré” par le FC Lorient. J’ai fait 18 ans au FC Lorient. J’ai fait tous les jeunes jusqu’à Cadet et après je ne suis pas passé par la catégorie Junior mais directement en équipe réserve du FC Lorient qui était en DH.


    Ce n'était pas trop dur physiquement ?


    C’était compliqué, mais je n’est pas commencé titulaire directement, je jouais sur le banc, j'allais faire quelques matchs en DHR avec la C mais je revenais assez souvent dans le groupe de la B. On est monté en CFA2, et après on fait pendant 7 - 8 ans l’ascenseur entre CFA et CFA2 avec l’équipe réserve. A 27 ans, ils ont considéré que j’étais trop vieux pour jouer en B. C’était une politique du Club, il n’y a pas de soucis la-dessus. J’avais quand même signé avec Lorient, je jouais avec l’équipe C et j’avais réussi en parallèle mon concours pour venir sur Brest donc je m'entrainais avec Plabennec à ce moment là.


    En semaine je m’entrainais avec Plab, et le week-end j’allais jouer avec l’équipe C et ce pendant 1 an.

    Bernard Maligorne, qui était coach à l’époque, m’a demandé de signer à Plabennec pour être dans le groupe.


    J’ai signé en 2003 à Plabennec, j’ai joué de 2003 à 2008 comme titulaire en CFA / CFA2.

    A l’issu, j’ai fait 2 ans en tant qu’adjoint et joueur avec l’équipe C. J’ai aidé un collègue qui s’appelait Frédéric Nicol. J’étais encore joueur puisqu’ils avaient besoin d’ancien pour encadrer les jeunes et en même temps, je donnais mon point de vue dans les vestiaires. Je voulais commencer à basculer de l’autre côté pour voir si ça pouvait me plaire.

    Ensuite, je suis passé 2 ans avec l’équipe B en tant qu’adjoint avec James Doner où on a fait la première année une montée en DSE et la 2ème année une descente en DSR. On a fait l’ascenseur.

    A l’issu de ces 2 ans, James Doner a arrêté fin juillet. Il ne pouvait pas continuer pour des raisons personnelles. On m’a demandé si je pouvais et si je voulais reprendre la réserve avec Albert Lavanant qui lui avait le diplôme.

    J’ai fait 2 ans en duo avec Bebert.

    On a fait une très bonne 1ère année où on pouvait monter en DSE mais comme on devait sauver notre C, on a descendu assez tôt des joueurs. C’était un choix club, il n’y a pas de soucis.

    La 2ème année, on est monté en DSE en terminant champion. Avec Albert, le bon duo.

    La 3ème année (2016/2017), montée en R1 en étant champion de Bretagne de DSE. Après, ce n’est pas moi, je fais parti de tous ces projets, de toutes ces montées où ça se passe bien, mais c’est le Club et les joueurs qui font que ça s’est très bien passé.


    Un coach qui tient ces joueurs c’est aussi pas mal…


    C’est sûr, mais quand on a des joueurs avec une bonne mentalité, c’est beaucoup plus facile aussi. Après, c’est vrai que j’ai un peu plus de crédibilité du fait d’avoir joué en équipe première avec Plab, je suis peut être un peu plus écouté que d’autre coachs.

    Ca s’est très bien passé, la relation humaine est très importante.

    Peut importe le niveau où on est, ce qui prime est le plaisir. S’il n’y a pas ça, je ne conçois pas le foot. S’il n’y a pas de plaisir on vient pas à l’entraînement, moi je ne viens pas à re-signer une année en tant qu’éducateur, coach ou formateur selon comment on appelle la personne qui est en place. Il faut du plaisir tout en ayant une certaine rigueur, une exigence.

    Le maître mot est le plaisir.


    Ton meilleur souvenir sur ton parcours de joueur ?


    La qualification pour les 8ème de finale en Coupe de France contre Amiens.


    Ta plus grande déception ?


    Au FC Lorient où j’aurais dû peut être mentalement être un peu plus fort quand j'étais dans le groupe pro vers 22-23 ans. J’ai tout arrêté du jour au lendemain.

    Si on compte sur moi, j’attendais autre chose. Quand on joue en équipe réserve, il y a 14 noms sur la feuille et qu’il y a 13 pros et un amateur et que l’amateur est titulaire et qu’il y a donc 3 pros sur le banc de touche… A un moment donné, on se dit que l’amateur a envie d’autre chose, il a envie de s'émanciper aussi. Il a envie de partir de chez ses parents, il a envie de se donner les moyens. On compte sur moi ou on ne compte pas. Mon regret il est là, je pense que j’ai fait le mauvais choix !


    Tu aurais dû persévérer, prendre sur toi ?


    Voilà… Erreur de jeunesse !


    Je trouve que c’est un bon choix car maintenant tu es ici au final ;-)


    Oui, je ne regrette pas mon parcours, on parlait des déceptions mais je suis fier de ce que j’ai fait.


    Je t'avoue que je ne te connais pas beaucoup comme joueur, comment tu te décris comme joueur ?


    Je n'étais pas très technique, c’est avant tout le mental, l’agressivité, le plaisir. J'étais farceur, j’aimais taquiner m’amuser. No prise de tête !


    Tu taquinais l'adversaire aussi ?


    Oui, adversaires, spectateurs. C’est ce qui me nourrissait, ce qui me tirait vers le haut. A partir du moment où ils me prennent à tort, ça me nourrit.


    Pour moi le mental c’est 70 / 80 % du  joueur, après techniquement on peut avoir des difficultés mais si on a la tête, les jambes suivront. La technique…, je ne veux pas dire que ce n’est pas grave car ça fait parti du footballeur mais il y a des secteurs de jeux où techniquement on a pas spécialement besoin d’être un grand technicien pour être un grand joueur.


    Si tu te décris comme coach ?


    Je suis pareil, je suis au mental. Je suis un compétiteur, j’accepte de perdre mais il y a une façon…


    Tu taquines aussi le banc adverse ?


    Non je taquine plus le banc, les joueurs de mon côté, les dirigeants mais dans le bon sens du terme. Après, je ne suis pas quelqu’un de chiant je pense, sur le banc. Je suis assez cool.

    Maintenant, je ne supporte pas l’injustice, comme beaucoup de monde. J’accepte certaines choses car on a le droit à l’erreur, mais un moment donné, il ne faut pas abuser.


    Toujours le plaisir, rigoler


    Ton meilleur souvenir en tant que coach ?


    En tant que coach, j’en ai plusieurs.

    Déjà, le fait d’être coach principal, c'était un bon souvenir. Quand on me l’a annoncé ça voulait dire que c’était une marque de confiance. Et puis qu’ils veulent fidéliser, à un moment donné, en temps que joueur c’est bien de passer de l’autre côté et de garder les anciens.

    J’ai eu 2 montées en 3 ans, en tant que coach principal, montée en DSE, montée en R1, gros souvenirs…

    Et demi-finale de la Coupe de Bretagne.


    Ce sont des souvenirs qui marquent, même si je n’ai pas un passé énorme au niveau entraîneur, mais avec le peu que j’ai fait, je peux avoir la prétention d’avoir fait ça sur le CV.

    En espérant maintenant continuer à Gouesnou. On est sur un autre projet.

    On part de plus bas. J’aurai pu être en R1, je suis en R3 aujourd’hui. Mais ce n’est pas avec regret, remord et déception. Au contraire, c’est avec l’envie avec la motivation et l'abnégation que je me connais. J’ai envie d’apporter ce que je peux apporter, je ne suis pas le Guardiola, le Messi.

    J’espère apporter le meilleur pour moi, pour les joueurs pour Gouesnou. Pour faire évoluer au mieux ce club, je ne veux pas avoir la prétention de faire monter le Club 2 fois sur 3 ans. Je le souhaite mais déjà c’est un gros challenge car descendre en R3, inconsciemment on se dit que l'année prochaine il faut essayer de remonter au plus vite. Mais ça ne sera pas si facile que ça. Il faut que le Club en soit conscient.

    Je sais que j’ai une grosse pression mais il faut s’en donner les moyens. J’ai vu qu’il y a avait du potentiel, il y a des joueurs qui ont un gros potentiel. Il faut essayer d’apporter du sang neuf, peut être par ma vision, par d’autres joueurs qui feront que la future année sera bonne et permettra déjà de jouer le haut de tableau et d’avoir un objectif qui va se dessiner au fur et à mesure de la saison. Je ne souhaite que du bien, du positif.


    Une question sur une situation de match…

    Tu es coach dans un match, c’est un peu tendu, tes 3 changements sont faits et un de tes joueurs commence à partir en vrille. Comment tu gères ça ?


    J’aurais tendance à dire, ça dépend de la situation.

    On est premier avec X points d’avance, l’objectif est de monter, je le sors.

    J’essaye de le recadrer si ça ne marche pas je le sors

    ...

    Les comportements peuvent être acceptés de ma part s'ils sont justifiés, car des fois ça part en live et on ne sait pas pourquoi.

    Ce n’est pas le genre de comportement que j’ai envie de voir sur un terrain si c’est pas légitime. Après si il y a X tacles au niveau du genou je peux comprendre, on est humain, ça craque…


    Le comportement, je suis assez à cheval là-dessus.


    Les qualités que tu préfères chez un joueur ?


    Le mental, le plaisir, la rigueur, l’exigence, la passion.


    Plutôt OM ou PSG ?


    FC Lorient !


    C’est la fin de l’entretien, nous te souhaitons la bienvenue au Club, on est content de t’avoir et content de travailler avec toi.